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Le rôle du psychologue dans le traitement de l’obésité

L’obésité est un trouble qui doit être pris en charge sur différents aspects. L’aspect psychologique n’est pas à négliger.

L’obésité ne peut pas s’expliquer seulement de manière linéaire, avec une cause et un effet. Même si deux personnes présentent à la base les mêmes indices de masse corporelle, chacune possèdera un histoire clinique différente, une raison spécifique à sa situation. Et c’est à cause de cette nature multifactorielle que peuvent exister autant de types différents d’obésité, que de personnes qui en souffrent. Il s’agit d’un système complexe ou interviennent une multitude de facteurs de type biologique, psychologique et social.

D’autre part, bien qu’il n’existe pas un profil psychopathologique spécifique associé de forme directe à l’obésité, il est tout de même démontré que les personnes qui souffrent d’obésité possèdent un indice plus élevé de troubles psychologiques que le reste de la population. Voyons pourquoi.

Psychologie et obésité : quelle relation entretiennent-elles ?

Les théories psychosomatiques expliquent comment la suringestion d’aliments aurait une fonction adaptive face à des pathologies émotionnelles. En d’autres mots : la personne utiliserait la nourriture pour « compenser » une carence, ou encore mitiger la douleur ou l’anxiété d’origine psychiques. Mais situer l’origine principale de l’obésité dans des facteurs de type psychologiques est seulement l’une des nombreuses possibilités pouvant être évoquées, car il est aussi scientifiquement prouvé qu’il existe une base neurochimique et génétique. Pour autant, tout traitement devra passer par un examen exhaustif, aussi bien pour déterminer sa genèse que pour mettre en marche un plan de travail individualisé.

Mais, toutes les personnes obèses possèdent-elles le même risque de souffrir de problèmes psychologiques ? De quoi cela dépend-il ? La personnalité et l‘histoire de chacun d’entre nous conditionne de manière inhérente la manière dont nous percevons la réalité. La pression sociale, chargée d’archétypes de beauté qui bombardent au quotidien la personne avec des messages négatifs, liée aux attitudes qui sous-estiment ses compétences dans les relations interpersonnelles, peuvent être digérées et assimilées de manière constructive par la personne ou, au contraire, peuvent causer un grand impact négatif.

Au sein des altérations cliniques qui peuvent apparaître face à ces dynamiques psychologiques, voici les deux plus communes :

1. Distorsion de l’image corporelle

Lorsque ceci se produit, il existe un écart important entre l’apparence réelle de la personne et la représentation psychologique (subjective) qu’elle s’en fait.

Cette perception corporelle fait en plus partie d’une perception plus grande : l’image de soi, intimement liée à l’auto estime et l’identité. Une insatisfaction dans un milieu déclenche donc une source de pensées, émotions et comportements qui répercutent de manière directe sur la qualité de vie de la personne souffrant d’obésité et qui, dans la plupart des cas, peuvent cristalliser en un problème d’anxiété généralisée ou de dépression.

2. Syndrome d'hyperphagie incontrôlée

La mise en marche de pratiques à risque avec des régimes restrictifs peut provoquer le développement de problèmes de conduite alimentaire, dont le syndrome d'hyperphagie incontrôlée (Binge Eating) est le plus connu. La personne souffrant de ce problème compense son anxiété par grandes quantités de nourriture de manière continue (au moins deux fois par semaine pendant au moins six mois). Elle se différencie de la boulimie nerveuse parce que, dans ce cas, il n’existe pas de conduite compensatoire : la personne ne se fait pas vomir, ne fait pas de sport de manière excessive, ne prend pas de laxatifs ou d’autres produits pour maigrir. Ce manque de contrôle sur la nourriture génère à son tour de la culpabilité et une plus grande préoccupation pour l’image corporelle, ce qui peut déboucher sur d’autres problèmes psychologiques associés.

Le plus important ? Être préparé

Pour que le traitement soit efficace, la personne doit posséder une bonne prédisposition et être motivée pour assumer la responsabilité de se compromettre avec ce changement dans sa vie. Pour cela, elle doit reconnaitre avoir besoin de perdre du poids, et accepter qu’il n’y aura pas de produit miracle de la part de son thérapeute.

De plus, il est essentiel que sa situation personnelle au moment de commencer, permette et facilite la bonne réalisation du traitement. Si la personne est en plein cœur d’une crise personnelle dans une partie de sa vie ou se trouve sans le soutien familial ou social suffisant, son objectif premier sera probablement tout simplement d’éviter de prendre plus de poids.


Auteur : Marta Mero, Psychologue

Dernière modification: 22 juin 2016

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